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  • virginiland

On n'est pas (que) des héros !

Dernière mise à jour : 16 févr. 2023

Depuis tout petit on baigne dedans. Superman par-là, Wonder-Woman par-ci, Spiderman, Catwoman, les X-men, Jeanne d'Arc et pourquoi pas Casimir aussi tant qu'on y est ! On baigne dans la culture du héros, on se projette et c'est vrai que ça fait du bien parce que c'est super gratifiant d'être un héros : on est grand, beau et fort, on vole (parfois), on est admiré, et puis... on sauve le monde !


C'est pas rien quoi d'être un héros. Bon, on imagine bien que c'est pas non plus une sinécure. C'est pas vraiment le type de job où l'on reste assis à son bureau toute la journée en attendant que le temps passe et que « Oh ! Bah ça y est, c'est l'heure ! ». NON, être un héros, c'est du taf. Mais être un héros, c'est cool !




Oui, enfin c'est ce qu'on veut nous faire croire parce qu'être un héros, c'est pas rose tous les jours. Y'a sûrement des jours où Superman et Wonder-Woman préfèreraient rester chez eux, bien au chaud, à regarder la dernière série de Netflix ou à buller plutôt que d'enfiler leur cape pour courir sauver le monde. Des jours où ils donneraient cher pour se faire un ciné ou un resto plutôt que d'affronter une météo déchaînée vêtus d'un simple collant et d'un body, tout ça pour aller une fois de plus risquer leur vie en combattant un méchant. Sans compter les jours où ils sont fatigués (parce qu'ils ont une vie aussi, faut pas croire !) ; les jours où ils ne sont pas au mieux de leur forme parce que c'est l'automne et qu'il y a toujours de vilains virus à courir en cette saison. Et puis y'a aussi les jours où leur cape de super-héros est restée au lavomatique, et là, ils sont bien embêtés nos super-héros...


Tout ça pour vous dire qu'à force d'avoir baigné - trempé même - dans cette culture du super-héros depuis si longtemps, rien d'étonnant à ce que l'on se prenne nous aussi pour des super-héros, qu'on veuille sauver le monde, la planète, sa ville, son quartier, son voisin, son frère, ses enfants ou ses parents. Sauf qu'on ne nous a pas appris qu'il existe un ennemi terrible pour les super-héros, un ennemi redoutable et redouté que tous les héros craignent de renconter un jour. Cet ennemi, c'est l'impuissance.


Quoi de plus terrible en effet que d'être face à une situation pour laquelle on ne peut rien ? Une situation où malgré nos efforts et notre volonté, nous ne pouvons rien changer.


C'est ce dont j'ai fait l'expérience lors de la dernière rentrée scolaire, lorsque j'ai réalisé que ma fille ne pourrait pas aller dans son nouveau collège, après deux années de phobie scolaire où elle n'a quasiment pas mis les pieds dans un établissement. Malgré nos efforts pour l'aider et en dépit du fait qu'elle était acceptée dans un établissement parfaitement adapté à ses besoins : petit, bienveillant, avec une équipe pédagogique formée pour accompagner ces jeunes en difficulté, elle n'y arrivait pas. Ce sentiment d'impuissance m'a alors violemment heurtée, m'a coupé le souffle et les jambes pendant quelques jours. Mais j'ai rapidement senti qu'il venait réveiller quelque chose de beaucoup plus profond. J'ai donc fait ma curieuse pour savoir de quoi il s'agissait. C'est ainsi que j'ai découvert que ce sentiment d'impuissance réveillé par mon incapacité à aider ma fille à aller au collège tenait sa source dans mon enfance.




J'avais huit ou neuf ans lorsque j'ai vécu, sans rien pouvoir faire, la trahison de mon oncle envers mes parents, et en particulier mon père. Mon père qui découvrait à la fois qu'il était à deux doigts de la faillite et que son frère en était à l'origine. Mon père, cet homme à la sensibilité extrême, qui ne se serait probablement pas remis de ce drame sans la présence de ma mère et le soutien d'amis proches. J'avais huit ou neuf ans, j'étais là, avec mon regard d'enfant. Je voyais mes parents, mon père, trahi, infiniment triste, « poignardé » en plein cœur, et je ne pouvais rien faire. Je voulais l'aider, le sauver, mon père, ce héros, mais j'étais impuissante.


Oui, les super-héros ont leurs failles et leurs faiblesses. Et heureusement, ils ne sont pas seuls et peuvent compter sur l'aide de leurs amis et de leur famille. Ils peuvent aussi éclairer leur chemin grâce à l'oeil avisé de thérapeutes (1). C'est ce que je fais quand j'en ressens le besoin, et c'est ce que j'ai fait quand ce sentiment d'impuissance que je n'arrivais pas à nommer est venu me submerger il y a quelques semaines, lors de cette rentrée scolaire. J'ai aujourd'hui réussi à l'identifier et aller à sa rencontre pour être en paix avec lui. Croyez-moi ou non, ça fait un bien fou de dire au-revoir à un compagnon de route et de longue date qui était tellement ancré qu'il en était devenu invisible, mais pourtant bien présent.


« Puissé-je avoir la sérénité d'accepter les choses que je ne peux changer, le courage de changer les choses qui peuvent l'être et la sagesse d'en connaitre la différence » Marc Aurèle.


(1) En ce qui me concerne, c'est une praticienne en bio-décodage que je suis allée rencontrer pour m'aider à me libérer de ce sentiment d'impuissance si envahissant et lourd à porter.

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